LES ECHOS DE JUIN 2016

13e dimanche ordinaire C – Lc 9, 51-62
Dimanche 26 juin 2016

 

Ces paroles sont loin d’être anodines !

Laissons-les retentir dans notre esprit : « Qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du Royaume de Dieu ! » ou « Laissez les morts enterrer leurs morts ! » Le Christ nous inviterait-il à ne plus regarder en arrière et à faire fi de notre passé.  Le chrétien doit-il faire table rase de ses racines et vivre le présent uniquement comme  une  dynamique tournée en permanence vers l’avenir.  Ne risque-t-on pas de brûler nos racines pour être de nulle part ?

 Regardons nos églises et nos communautés ? D’où sommes-nous et vers où allons-nous ?  Dans un monde constamment en mouvement, où il faut de la souplesse, celui qui s’installe, ne tient-il pas le mauvais rôle ? Ce n’est pas si évident que cela car l’humain a besoin de stabilité : on ne transplante pas un arbre tous les ans.  Il ne se développera pas. 

Et notre Église, comment vit-elle cela ? Comment nous situons-nous dans un monde en perpétuel changement, travail, village, même pays ? Et nous, change-t-on facilement de lieu lorsqu’on nous invite à quitter notre paroisse, notre lieu de culte habituel pour aller voir ailleurs, pour trouver d’autres personnes, même si celles-ci vivent à quelques distances de chez nous ? Ne dit-on pas : C’est trop loin, je n’y vais pas en laissant notre bonne conscience nous dire : faire vingt kilomètres pour aller faire ses achats n’est pas du même ordre.  Et pourtant ? Nos communautés sont-elles prêtes à vivre ces changements ou les subissent-elles passivement comme imposés irrémédiablement de l’extérieur ? Avec une question encore plus profonde : sommes-nous prêts à entrer dans une dynamique de mission, avec suffisamment de confiance à l’Esprit Saint pour lui confier l’avenir de nos communautés et au travers d’elles, celui de l’Église ? 

MAYERES Jean-Luc


12e dimanche ordinaire C – Luc 9, 18 à 24.
Dimanche 19 juin 2016

Qui est Jésus pour moi ?
« Pour vous, qui suis-je ? « 

 Cette question que Jésus pose à ses disciples, il nous la pose à nous, à nous aujourd’hui qui sommes ses disciples aujourd’hui. Il n’y a pas de réponse toute faite.
C’est à chacune et chacun d’entre nous d’apporter sa part de réponse. Nous voyons dans l’évangile d’aujourd’hui trois mots pour dire qui est Jésus : Prophète, Messie et Fils d’homme.

Prophète.
Pour les foules, pour tous ceux qui viennent l’écouter, Jésus est un prophète, c’est à dire un porte-parole de Dieu, un de ces hommes que Dieu choisit pour redire à son peuple sa parole d’amour.

Messie. (Christos en grec).

C’est la réponse de Pierre, une réponse solennelle qu’il fait au nom des douze apôtres : « Tu es le Messie ». A l’époque de Jésus, on attendait un messie, un envoyé de Dieu, un roi, un chef de guerre qui viendrait instaurer le règne de Dieu sur terre, chasser du pays les armées romaines. Pierre et ses amis n’ont pas tout à fait tort : Jésus vient instaurer le Règne de Dieu mais à sa manière, à la manière de Dieu et c’est la troisième expression que nous avons entendue …

Fils de l’Homme.

Là c’est la réponse de Jésus sur Lui-même. C’est d’ailleurs le seul titre qu’il se donne, le seul titre dans lequel Il se reconnaît. Fils d’Homme, c’est quoi ? C’est d’abord, tout simplement, un fils d’homme comme vous et moi mais le Fils de l’Homme, c’est aussi un personnage mystérieux, envoyé de Dieu, qui a en lui quelque chose de Dieu et qui va apporter sur terre un monde radicalement nouveau. Le Fils de l’Homme ne sera pas un triomphateur, mais au contraire un homme d’humilité et même un homme rejeté par les siens, un homme qui partagera toute la souffrance humaine, en nous aimant, en nous aimant jusqu’à la mort. C’est toute la représentation que nous avons de Dieu qui est remise en cause. Dieu n’est pas « en haut » mais « en bas ». Il ne veut pas être le Tout-Puissant, mais le Tout-faible, celui qui n’a pas d’autre puissance que l’amour, le don de soi pour le bonheur des autres, pour notre bonheur. C’est ainsi que Jésus, Fils de l’Homme, nous fait connaître Dieu.

Notre réponse, ne tient pas d’abord aux mots que nous pouvons exprimer : c’est d’abord celle de notre cœur, et elle se dit moins par nos mots que par nos actes.

Fraternité laïque dominicaine St Dominique/St Jean

Rédigé par Roger Jourdan 


11ème dimanche ordinaire C – Lc 7,36-8,3
12 juin 2016

Le regard aimant de Jésus

En cette année de la miséricorde, l’évangile d’aujourd’hui nous fait entrer dans le vif du sujet.

Nous y découvrons Jésus qui rayonne de la tendresse et de la miséricorde de Dieu. A travers l’accueil qu’il réserve à la femme pécheresse, c’est chaque homme, chaque femme, chaque enfant que Jésus accueille, rencontre avec toutes ses limites, ses faiblesses. Jésus souhaite au plus profond de lui que ses regards, paroles et gestes de miséricordes nous marquent profondément et nous transforment.

L’évangile, nous parle d’une femme pécheresse qui entre chez un pharisien tout en se dirigeant directement vers Jésus. Elle manifeste beaucoup d’amour envers Jésus par différents gestes. Elle n’a pas peur de venir à Jésus ni d’entrer dans la maison, ni du regard des autres, comme si elle se sentait déjà aimée, pardonnée par Jésus. Quelle foi, quelle confiance anime cette femme mal vue par beaucoup de ses contemporains.

Le pharisien ne comprend pas l’attitude de Jésus, lui qui connaît et suit les lois. Il a plus envie de la rejeter que de la garder sous son toit.

Aujourd’hui, beaucoup sont rejetés ou infréquentables à cause de leur vie, de leur passé. Ils doivent faire face à des regards, des paroles, des gestes blessants.

A la messe, Jésus nous invite à la table de sa Parole et à celle de son Eucharistie. Il nous invite à être en communion avec Lui et avec les personnes que nous rencontrons dans nos vies en les regardant avec le même regard d’accueil et d’amour que Lui. Et nous, nous ne devons jamais oublier la miséricorde qu’il nous manifeste personnellement.

Martine Becco

Assistante paroissiale


10ème Dimanche ordinaire C – Lc 19, 28-40
Dimanche 5 juin 2016

Ne pleure pas.

 

On ne peut ne pas être touché par ce récit de la veuve de Naïn. La peine de parents ayant perdu leur enfant est une des plus grandes qui soit.

Observons bien la scène. Contrairement à d’autres miracles de Jésus, ici, il n’y a aucune demande. C’est Jésus qui agit de sa propre initiative, mû par sa sensibilité, sa compassion. Il est bien le fils d’un Dieu de tendresse.

D’autorité, il arrête les porteurs de cercueil qui ont dû être bien surpris, voire choqués par ce geste. Imaginez que quelqu’un arrête cortège funèbre maintenant mais ces gens ont confiance en Jésus et lui obéissent.

Puis il dit une parole à la maman: «  Ne pleure pas », ne te laisse pas submerger par ta peine. Tu n’es pas noyée, il y a espoir. Ceci est vrai aussi pour nous  dans toutes les épreuves : que ce soit la drogue, la maladie, même la mort. Ne restons pas dans la tristesse mais dans l’espérance. Jésus était bien mort mais il a été ressuscité.

Un geste et une parole, Jésus  relève le jeune mort qui se redresse. Jésus ne se laisse pas toucher sans agir. Qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui ? L’émotion ne suffit pas, ce sont les actes qui sont aidants. Un être vivant, c’est un être debout et parlant.

Jésus le rendit à sa mère. On aurait pu croire qu’Il allait  le garder comme disciple. Non, il le laisse à sa famille et lui permet de choisir sa nouvelle vie sans contrainte.

Enfin, il y a les réactions de la foule, « saisis de crainte ». Une crainte, ce n’est pas une peur. C’est qu’il y a dans cet événement quelque chose qui les dépasse, leur ouvre des horizons inconnus. C’est un respect pour un homme qui vient de Dieu : « Ils louaient Dieu, disant : un prophète est venu parmi nous». Forts de tout ce que ce miracle nous dévoile, gardons confiance en notre Dieu de tendresse !

 

                                    Fraternité dominicaine de Liège