LES ECHOS DE JUILLET 2016

18e dimanche ordinaire année C – Lc 12, 13-21
Dimanche 31 juillet 2016

Où sont les vrais biens ? « Que reste-t-il à l’homme de tous ses calculs ? Nous posons-nous parfois cette question ou courons-nous de plus en plus après les biens de la terre qui resteront derrière nous ? C’est la question de la première lecture dans l’Ecclésiaste.

Le psaume 89 rappelle aussi que nous sommes destinés à retourner à la poussière, « nous fleurissons le matin et le soir nous sommes fanés ».

Paul rappelle aux chrétiens de la ville de Colosse de « rechercher les réalités d’en haut ». « Revêtez l’homme nouveau, celui que Dieu refait sans cesse toujours neuf à son image ».

Lâcher tout, faire le vide de soi pour s’attacher à Celui qui ne passe pas. Les pauvres de cœur sont ceux qui laissent Jésus remplir leur cœur : le Royaume des cieux (Dieu lui-même) est à eux.

« Ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ? » L’Évangile ne tourne pas autour du pot.

Nous pouvons nous interroger : quel sens a notre existence ? En sommes-nous maître, ou bien appartient-elle à Dieu ? La création nous est donné, plutôt confiée, pour la gérer, pas pour notre satisfaction personnelle, mais au profit de tous, et en la respectant.

Être les intendants des biens de la terre, c’est d’abord respecter la vie donnée par Dieu à tout ce qui vit sur notre planète.

Les plans que je fais sur ma vie sont souvent hypothéqués par la maladie, la guerre, le chômage, la mort. Alors, à quoi a servi ce que j’ai eu tant de mal à rassembler ? A rien, ou à servir les autres, à me mettre au service des frères et de Dieu.

Faites donc mourir ce qui appartient à la terre, conseille Saint Paul.

Disponibilité envers Dieu et nos frères par le partage et l’amour.

 

Désiré van Ass,
curé des UP Saint Léonard Liège nord – Vottem et Liège Saint Martin


17e dimanche ordinaire année C – Lc 11,1-13
Dimanche 24 juillet 2016

« Demandez, on vous donnera »

« Lorsque vous priez … » Le Seigneur apprend à ses disciples à lever les yeux vers leur Père. Lui, le Fils Unique, apprend à ceux dont il a fait ses frères les mots qui font d’eux, jour après jour des fils de Dieu. « Qui d’entre vous … » Soudain Jésus, se rappelant que l’homme, s’il garde les yeux tournés vers le ciel est comme pris de vertige, retourne aux choses terrestres. Il leur parle d’eux. Le grand Notre Père est suivi de petites histoires d’en bas ! Par elles, Jésus nous dit comment prier en vérité avec les mots qu’il vient de nous laisser. On a le droit de mettre une vie entière à essayer de comprendre le sens du Pater, mais prier le Pater est donné sans délai à celui qui agit comme cet ami qui insiste pour qu’on lui ouvre en pleine nuit. Il cherche de toutes ses forces à éveiller cette amitié assoupie, il frappe à la porte.  Souvent dans notre prière nous pensons que l’Ami ne nous entend pas, qu’il dort et que la porte est fermée.  Alors il faut demander, chercher et frapper encore.  Dépasser notre découragement, dépasser la mesure humaine et s’éveiller à la mesure de Dieu. L’homme qui demande, cherche et frappe, découvre que c’est à sa propre porte – la porte de son cœur – que « voici, dit Dieu, je me tiens et je frappe.  Si quelqu’un entend ma voix et ouvre, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3,20).  Dans l’image que nous laisse Jésus, Dieu est à la fois l’Ami que l’on prie et l’Ami qui nous fait demander de quoi dresser la Table.

(Frère Eric Pohlé, op.p. – extrait de Prier au quotidien)

Proposé par Fabienne


16ème dimanche ordinaire C – Lc 10, 38-42
dimanche 17 juillet 2016

Aujourd’hui, Jésus se repose.

Comme il est bon de se reposer chez des amis. Lazare, Marthe, Marie, des amis que Jésus appréciait. Il fait halte chez eux, tout simplement.

Marie a faim de sa parole libératrice et pacifiante. Et Jésus est heureux d’annoncer la Bonne Nouvelle. Il apprécie aussi un bon repas et se réjouit de partager la table proposée par Marthe.

Marthe et Marie : deux sœurs que l’on a souvent opposées. L’une besogneuse, l’autre contemplative. Deux dimensions de la vie chrétienne à ne pas séparer mais à articuler. Rappelons l’intuition fondamentale de Frère Roger de Taizé : Lutte et contemplation pour devenir homme de communion.

La contemplation, la prière, sont authentiques si elles ne sont pas un alibi pour nous couper du monde, mais au contraire si elles nous engagent dans la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. Et un engagement qui ne se ressourcerait pas dans la prière deviendrait vite de l’agitation fébrile.

Soyons donc à la fois Marthe et Marie.

Mais arrêtons-nous un instant auprès de Marthe qui reçoit un reproche de Jésus. Pourquoi ?

Ce que Jésus lui reproche ce n’est évidemment pas son service. Jésus insiste tant sur la valeur du service. Ce qu’il reproche à Marthe, c’est son énervement, sa crispation, son stress. Marthe est la patronne de tous ceux qui s’engagent, mais deviennent grognons. « C’est toujours les mêmes qui travaillent !… Jamais un merci !….  » Quand le cœur n’y est pas, il vaut mieux s’arrêter et s’asseoir pour bien remettre les choses en place dans sa tête et dans son cœur.

Oh Marthe ! tu avais si bien commencé la journée. Tu aurais pu mettre la table en chantant, et te réjouir de voir ta sœur Marie heureuse près du Maître.

Combien de « Marthe », hommes ou femmes, aujourd’hui encore si dévoués, perdent le bénéfice de ce qu’ils font parce qu’ils ne le font pas de bon cœur, et râlent facilement sur les autres.

Cette maison de Marthe, c’est notre cœur où le Christ vient se reposer un instant. Saurons-nous choisir la bonne part ?

Si vous me recevez, dit Jésus, ne vous faites pas de soucis pour le style des couverts ou la couleur de la nappe. Pas besoin de grand luxe dans nos églises, de richesses dans nos ornements liturgiques, ni de pompes dans nos cultes. Pourvu que vous soyez là, dit le Christ, assis pour écouter ma Parole, le cœur ouvert à mon message. C’est la seule chose nécessaire. C’est là la meilleure part.

Lucien Vanstipelen.

 


15e dimanche ordinaire C – Lc  10, 25 – 37
Dimanche 10 juillet 2016

L’amour en question ?

 

 Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle » (Lc 10, 25). C’est la question qu’un professeur de droit censé bien connaître la loi pose à Jésus. Jésus ne répond pas à la question mais le mets devant sa responsabilité de professeur de droit et lui retourne la question : « Dans la Loi, qu’y a- il d’écrit ? Que lis-tu ? ». Avec une certaine naïveté celui-ci répond correctement et mérite les félicitations de Jésus qui l’invite à mettre sa propre réponse en pratique pour avoir droit à la vie éternelle. Jésus le félicite surtout parce qu’il a évité le piège d’une querelle stérile et le rejoint dans la vérité de sa vie : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie ». Alors que ce professeur de droit n’a pas mis de limite à l’amour qu’il porte à Dieu, il voudrait l’installer dans l’amour qu’il porte à son prochain.  Pour lui, il doit y avoir des catégories dans le terme « prochain », il y a des personnes qui ne peuvent pas être considérées comme ses prochains, ceux et celles qui ne sont pas des justes, les moins pieux, « les moins aimés de Dieu » selon la loi de Moïse. Il est alors obligé de poser cette autre question à Jésus : « Et qui est mon prochain ? ». Une fois de plus, Jésus ne répond pas à sa question mais lui raconte l’histoire de cet homme tombé entre les mains des bandits sur la descente qui mène de Jérusalem à Jéricho. A la fin de l’histoire, Jésus interpelle le professeur de droit en renversant la question, non pas qui est le prochain de …. Mais qui s’est montré le prochain de l’homme pris dans l’embuscade des bandits ? Et le professeur de droit répond sans aucune hésitation : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui » c.à.d. le samaritain et non le prêtre ou le lévite. Le double piège du professeur de droit se referme sur lui-même. Pour Jésus, l’amour comme le prochain ne sont pas une question de définition mais c’est toujours une aventure, une histoire que nous devons mettre en route et qui se vérifie par des actes concrets. L’amour de Dieu tout comme celui du prochain n’a pas de limite.

A travers cette discussion avec le professeur de droit, Jésus nous conduit à établir le bilan de l’amour que nous portons à Dieu et au prochain en deux parties :

Il y a d’abord notre amour propre qui se définit dans ce que nous produisons nous-mêmes pour la satisfaction de notre instinct de propriété, de puissance ou de vanité (notre diplôme, notre titre, notre rang social, notre maison, notre voiture ou notre compte en banque, etc…), toutes ces choses éphémères, qui d’ailleurs vont nous trahir en nous narguant lorsque la mort nous les fera quitter. C’est le cas du professeur de droit, sûr de lui et du prêtre, du lévite, certainement pressés et pris par le travail qui les attend au temple et passent à côté de l’essentiel, l’homme en souffrance. Et il y a ensuite ce que l’amour de Dieu a semé en nous pour le transmettre en vue de l’éternité. Car si tout passe, seul le vrai amour demeure.  L’amour, c.à.d. la générosité, l’amitié, cette capacité de se mettre à la place de l’autre et de comprendre les problèmes auxquels il est confronté ; un amour respectueux des personnes rencontrées sur notre route. C’est le cas de ce samaritain : « il le vit et fut saisi de pitié…. prit soin de lui……Tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai » ( Lc 10, 33c – 35 e).

Comme communauté des croyants, nous devons nous efforcer d’être ce relais d’un amour sans calcul et désintéressé, qui nous habite et nous dépasse en vue de l’universelle fraternité des enfants de Dieu, destiné à vivre ensemble et pour toujours avec le Christ, le point d’accomplissement de notre comportement (Col, 1, 19b). Commençons par redécouvrir cette dimension de l’amour du prochain au sein de nos propres familles en accordant du temps, surtout le temps du dialogue et de l’écoute à ceux qui partagent le vécu quotidien avec nous. Soyons attentifs à leur peine et leur détresse.

 

Abbé Willy MFUKALA Moke Key


14e dimanche ordinaire C – Lc 10, 1-12
Dimanche 3 juillet 2016

 

Transformons le loup qui sommeille en nous !

« Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » nous dit l’Evangile de ce dimanche. Les disciples sont-ils comme des moutons de panurge ou des agneaux sacrificiels ? A vrai dire, si cette parole m’est adressée aujourd’hui en tant que chrétienne, ni l’une, ni l’autre de ces images ne me tente. Que veut dire le Christ ?

Jésus envoie ses disciples en mission. Il les compare à des ouvriers moissonneurs. Pour les agriculteurs, la moisson est l’assurance d’un gain, d’un bien-être qui permet la vie pour les mois à venir. Les disciples ne participent qu’à la récolte. Ils n’ont pas ensemencé le champ. Jésus a besoin d’eux pour cette tâche limitée et pourtant essentielle. Il les envoie en avant de Lui. Comme un père qui apprend à marcher à ses enfants, il est derrière. Quelle sécurité ! A la suite des apôtres, Jésus nous envoie lier les gerbes de vie qu’il a préparées et Il nous accompagne.

Jésus envoie ses disciples en mission avec un  mode d’emploi : « Soyez comme des agneaux au milieu des loups ». Où sont les loups ?  C’est vrai que notre expérience humaine peut nous faire dire que l’homme est un loup pour l’homme. A notre époque marquée par la violence et la peur de l’autre, la tentation est grande de rester entre soi, entre agneaux, entre personnes bien pensantes de la même chose. Comment vivre sa foi et la mission à l’heure actuelle où l’on est souvent confronté à deux attitudes,  l’exaspération des sentiments religieux et l’augmentation de l’indifférence ?

Il me semble que l’injonction de Jésus concerne l’attitude à avoir. Etre agneaux, c’est accepter d’arriver désarmé face à l’autre, c’est prendre le risque de la rencontre en assumant sa fragilité jusque dans son espérance en Jésus-Christ.

Et Jésus continue les consignes dans ce sens :

  • Ne rien prendre avec soi: se présenter nu devant l’autre c’est  lui donner l’occasion de pouvoir répondre à nos besoins. Quand on part en voyage, l’on remplit sa valise de ce qui  rassure et quand on entre en relation, nos bagages d’idées toutes faites, de compétences, d’expériences peuvent remplir tout l’espace.
  • Souhaiter la paix: c’est aborder la rencontre avec l’autre le cœur ouvert, sans protection, sans faux-fuyant, sans malice. Quelque soit la personne en face, l’initiative est de notre côté et dans ce sens, être agneau est loin d’une attitude facile et servile.
  • Manger ce qu’on vous propose : on ne sait pas d’avance où sont les loups, si notre attitude de paix sera reçue. Il y a des rejets, des méchancetés, des spécialistes de la sinistrose qui vous casse le moral en deux coups de cuillères à pot. Mais si la paix est reçue, alors on peut partager la vie en acceptant d’abord de recevoir ce que l’autre offre.

Après et seulement après, Jésus nous dit que l’on peut oser une parole d’espérance, de guérison, une seule : « Le royaume de Dieu est proche ». Il est proche parce que nous l’aurons construit en arrivant comme des agneaux et que nous aurons, par notre attitude, transformé et éloigné le loup qui sommeille en chacun, nous compris !

Dominique Olivier, OP