LES ECHOS D’AOÛT 2016

22ème dimanche ordinaire C – Luc 14,1a.7-14

28 août 2016

Le plan de table de Dieu.

                        Elles sont curieuses les deux petites paraboles de ce dimanche. Elles parlent d’invitation à des repas de fête. Qui inviter ? Comment placer les gens ? Quelle place choisir ? Pour un peu, elles citeraient le protocole ! Comme toujours, nous pouvons les relier à nos vies. Quand vous entrez dans une salle de spectacle ou de réunion, comment choisissez-vous votre place ? Pas au hasard. Et de même, quand vous entrez dans une église pour assister à la messe ? Peut-être hésitez-vous, à mi-hauteur dans l’allée, juste assez pour bien entendre et être un peu vu ou un peu caché ? Toutes les maîtresses de maison connaissent ce moment délicat où les invités passent à table. Sans plan de table, personne n’ose s’assoir et pourtant chacun sait dans son for intérieur, où il souhaiterait être assis ! Vraiment, on pourrait se dire : à quoi Jésus passe-t-il son temps ! Est-ce réellement de place dont Il veut nous parler ?

Il m’a fallu trois lectures pour approfondir la première des paraboles de ce dimanche. Elles sont comme les oignons, il faut enlever des couches de compréhension pour goûter la pleine saveur de l’histoire ! A la première lecture, le sens semble évident. Bien sûr qu’on ne doit pas se pousser à la place d’honneur sans y avoir été invité, sous peine de se sentir vraiment mal à l’aise si cette place ne nous était pas destinée ! A la deuxième lecture, j’ai compris que Jésus nous invitait à l’humilité fondamentale dans nos rapports humains. Pas de vraie relation nourrissante sans cette reconnaissance de l’autre dans un rapport d’égal à égal. Mais je n’étais pas encore satisfaite car la dernière phrase m’interpellait « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé ». Finalement de quel banquet parlait Jésus ? Qui était le maître de maison qui a cette autorité pour abaisser et élever ? A la troisième lecture, j’ai compris que la parabole était une image du banquet promis par Dieu et que c’était lui le maître de maison qui invite au festin de son amour, au partage de la Vie. Occuper la dernière place, dans l’ombre, c’est donc laisser Dieu décider du plan de table. Celui qui est le modèle de ce lâcher-prise, de cet abandon confiant, c’est Jésus qui a pris la dernière place pour servir son Père et nous servir. L’Evangile du lavement des pieds nous le rappelle comme un dernier testament avant sa mort. N’est-ce pas cela que l’on doit faire en mémoire de Lui ?

La deuxième parabole vient en écho de la première. Elle nous incite à sortir du rapport donnant-donnant dans nos relations pour entrer dans la gratuité, à l’image de l’amour infini que Dieu nous porte. Dans les deux paraboles, Jésus nous invite à accueillir humblement la gratuité de l’amour que son Père porte à chacun de nous, ses invités, comme les pauvres, les boiteux et les aveugles que, le plus souvent, nous sommes. C’est peut-être cela la vraie humilité, reconnaître notre pauvreté devant l’amour infini de Dieu et l’accueillir dans un abandon confiant pour en vivre et le partager avec nos frères.

 

                                                                                   Dominique Olivier


21ème dimanche Ordinaire C – Lc 13, 22-30
dimanche 21 août 2016

 

Dieu vient pour nous rassembler

Chers frères et sœurs,

Les textes bibliques du 21ème dimanche nous parlent d’un Dieu qui veut rassembler tous les hommes. Il est le « Dieu pour tous ». C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe (1ère lecture) : « Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue… » Cette bonne nouvelle est adressée à des croyants rescapés. Ils viennent de vivre une période très difficile. Mais Dieu ne les abandonne pas. Il veut les rassembler tous et les rendre heureux.

Dans de la lettre aux Hébreux, c’est précisément cet amour passionné qui est en Dieu. C’est comme un feu que rien ne peut arrêter. Nous ne devons jamais en douter, même quand tout va mal. Notre Dieu se comporte comme un père qui aime chacun de ses enfants. Il n’hésite pas à les conseiller et à les encourager. Il ne supporte pas de nous voir prendre des chemins de perdition. L’important c’est de ne jamais oublier que Dieu nous aime tous infiniment, même celui qui a commis le pire. Il est toujours là pour nous relever.

L’Évangile nous indique les conditions requises pour entrer dans ce grand rassemblement : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » nous dit Jésus. Cela vaut la peine de nous arrêter quelques instants pour comprendre ce qu’il attend de nous. Il ne suffit pas d’avoir mangé et bu avec lui. Aller à la messe tous les dimanches, c’est bien mais ce n’est pas suffisant.
Ce que le Seigneur attend de chacun de nous, c’est une vraie conversion du cœur. Pour pouvoir passer par la porte étroite, nous devons nous libérer des privilèges, des honneurs, des prétentions orgueilleuses qui encombrent notre vie. En définitive, cette porte étroite c’est celle de la miséricorde. On n’y entre pas sans s’être préparé, sans s’être rapproché de Dieu par la justice et le partage.

Bon dimanche à tous

 

Gabriel Mbomba Bolomba
Curé de l’UP de Dalhem


 

20ème dimanche ordinaire année C – Luc 12, 49-53
dimanche 14 août 2016

 

Un message interpellant

« Je suis venu apporter le feu sur la terre…pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non…plutôt la division » (Luc, 12, 49-51)

Quelle est la Bonne Nouvelle dans cet Évangile à la veille de la fête du quinze août ? A Marie, le vieillard Syméon avait prédit : « Un glaive te transpercera l’âme » (Luc 2,25). Quel amour exigeant de Jésus qui, par ailleurs, nous est décrit comme « doux et humble de cœur » (Matthieu, 11,29) ! La croix, le sacrifice…sont-ils partie prenante du message de Vie de Jésus ?

Dans cet extrait évangile, Jésus fait allusion aux événements importants du parcours : la purification- le baptême- le don de l’Esprit Saint aux apôtres à la Pentecôte. Le message du Christ c’est le don de soi. Le vrai amour, le grand amour c’est de « donner sa vie pour ceux qu’on aime. »   Sur ce chemin, les choix sont à faire par fidélité à la mission reçue. Le feu, dont il est fait allusion dans ce texte, lorsqu’il crépite de vie est source d’anéantissement pour procurer chaleur et lumière.

Lors d’un baptême bien vécu, il y a engagement qui coûte…Jésus parle ainsi si fort pour nous rejoindre dans notre désir d’une vie pleine et signifiante et nous montre le chemin qui mène au combat contre les forces de toutes sortes de mal.

A la Pentecôte, par le don des langues de feu sur les apôtres, ceux-ci témoignent de la foi jusqu’au bout du monde et dépassent leurs peurs initiales. Les divisions choquantes qu’évoque le Christ sont les mêmes que celles des prophètes de la première alliance.  Ils les ont créées afin que le message de Dieu entre dans le vécu organisationnel de leur société.

Jérémie en a fait les frais jusque dans sa propre chair.

Qu’en conclure pour nous aujourd’hui ?

S’il est un feu qui ne peut s’accommoder des fausses paix, c’est bien le feu de l’amour que Jésus est venu apporter au monde.

Seule la paix fondée sur la Vérité, à transmettre, à dire, à vivre, est authentique.

Lorsque la Bible nous appelle à un discernement, c’est afin que nous renoncions à nos désirs trop naturels de fusions pour établir entre tous une réelle qualité de relations humaines ou de relation à Dieu.

 

 

Michel Wilderjans
Vicaire


19e dimanche ordinaire C-Lc 12, 32-48
Dimanche 7 août 2016

 

Ah, si le chrétien était un jardinier !

 

« Votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ! »

Et comment que c’est bon !

Savoir que le Royaume est déjà là comme un jardin déjà ensemencé qui ne demande qu’à prospérer !

Mais quelle chance ! Quel Bonheur ! Quel cadeau ! Et nous ne crierions pas de joie ? Nous n’empoignerions pas nos outils pour biner, sarcler, arroser, fumer, ratisser, aérer… autrement dit pour « bichonner » cette terre pleine de promesses ?

Nous serions bien fous de rester là, les bras ballants, à attendre nonchalamment que la vie germe et donne du fruit sans que nous bougiions le petit doigt ne serait-ce que pour lui dire qu’on l’espère, qu’on l’attend, qu’on a faim de ses fruits les plus savoureux… mais qu’on prendra aussi les moins bien calibrés parce que c’est la vie quand même et qu’on ne refuse pas un cadeau !

Imaginons un instant que le chrétien soit un jardinier ! Le voyez-vous ?

Sous son chapeau de paille qui le protège de l’ardeur un peu trop généreuse du soleil, il a toujours ce petit sourire de ceux qui sont heureux de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font.
Il y a dans son regard l’étincelle de confiance qui dit : « La terre est généreuse si on est tendre avec elle… et moi, je l’aime ! Pour le reste, Dieu y pourvoira ! »

Ses mains racontent sa vie de labeur au service de la terre : elles sont fortes et musclées ; elles savent être rapides pour soigner un plant en danger mais elles peuvent aussi se faire lentes pour tuteurer ou palisser en douceur. Ses doigts ont été griffés par les chardons, les épines, les orties, une serpette trop bien aiguisée… mais elles s’en sont remises et portent les cicatrices de ces petites batailles comme les signes d’autant de victoires sur les difficultés. Quand il rentre chez lui, le soir, le dos un peu raide et les genoux crottés parce qu’il sait se mettre à la hauteur de ce qu’il aide à pousser, il rapporte sous ses ongles un peu de terre du jardin. Comme un tatouage, elle finit par s’incruster lui rappelant jour après jour ce qu’il est et quelle est sa raison de vivre.

Et ses mains sentent bon le travail bien fait, l’humus riche et prometteur, l’amarante nonchalante et les tomates bien mûres, les roses fragiles et les choux des bonnes soupes, les pommes parfumées mais aussi le chiendent qui voudrait tant faire partie de la fête.

Il voit tout cela, le jardinier et comme Dieu au tout début… il trouve que cela est bon !

 

Anne Van Linthout-Locht
Assistante paroissiale