Echo de l’évangile

PETIT CHANGEMENT !!!

Nous vous invitons en cette période de transition à découvrir les Chroniques de l’abbé Auguste Reul, en cliquant sur le lien ci-dessous, celles-ci sont publiées régulièrement dans le Visé Magazine.

 

LES CHRONIQUES 2018 DE L’ABBÉ REUL


Vous avez été interpellé par l’un des 3 actes de l’abbé Windels lors des week-end de la Pentecôte, de la sainte Trinité ou de la fête Dieu mais il vous manque l’un ou l’autre voici l’occasion de les RE-découvrir

LA COMMUNION EN TROIS ACTES

Homélies pour trois jours de fête

Premier acte : Pentecôte

« Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce… »

Foutue liste de pays et de peuples sur laquelle chaque année le lecteur – sauf celui surentrainé ! – se casse toujours les dents à un moment ou à un autre ! Plus facile l’unanimité qui la suit. Oui, unanimité ! Il suffit pour s’en convaincre de compter le nombre de fois où les lectures du jour utilisent les mots « rassemblés », « réunis », « ensemble », « tous », « faire un », « un seul », « unique »… J’en ai compté pas moins de 17. Alors, pas de doute, Pentecôte est bien fête d’unité. Et l’œuvre de l’Esprit, avant d’être l’envoi en mission, est de rassembler. Par-delà les frontières, les langues, les races, les cultures, par-delà les barrières et les différences.

Et voici l’Eglise née ce matin-là, ce beau matin de Pentecôte : les Douze d’abord, réunis comme un seul homme dans la prière, celle qui accorde les cœurs à l’unisson. Douze d’abord et puis des mille et des cents qui désormais se comprennent et s’entendent. Ils s’entendent… ma parole, mais c’est Babel à l’envers ; c’est l’humanité réconciliée, réharmonisée. Et quand ceux-là demanderont : « Que devons-nous faire ? » Pierre répondra : « Faites-vous baptiser. » Et Paul, vous l’avez entendu, écrira aux corinthiens : « Tous nous avons été baptisés pour former un seul corps, tous nous avons été désaltérés par un unique Esprit. » Peut-on être plus clair pour dire le mystère de l’Eglise que nous sommes : un peuple de communion dans l’Esprit !

Tout est histoire de communion.

Premier acte : la Pentecôte. La suite, la semaine prochaine !

 

Deuxième acte : Trinité

Tout est histoire de communion. Deuxième épisode.

Pour ceux qui l’ont raté, résumé de l’épisode précédent : Pentecôte nous a décrit la naissance de l’Eglise, sans frontière, sans barrière, une Eglise où tout est un. Bref, un peuple de communion.

Et voici Trinité : de cette Eglise de communion, la fête du jour nous donne le modèle : nous serons un, comme le Père, le Fils et l’Esprit sont un ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Jésus lui-même quelque part dans l’Evangile de Jean. Le modèle de l’amour et sa mesure, c’est Dieu. Lui, Dieu, n’est qu’amour !

Ne cherchez pas midi à quatorze heures. La Trinité, ce n’est pas une sorte d’équation bizarroïde, d’une complexité telle qu’il faille renoncer à comprendre et même à chercher. Ne vous mettez pas martel en tête. La Trinité, c’est simple comme bonjour, c’est simple comme amour. C’est quoi aimer ? C’est aller vers l’autre, c’est s’approcher de l’autre, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…

Aimer, nous savons ce que c’est. Et si même nous nous disons que nous le vivons mal, nous percevons, nous pressentons ce que pourrait être la perfection d’aimer. Aimer, c’est être à l’autre pleinement. Aimer, c’est tendre à l’unité des êtres mais d’une unité qui laisse chacun être lui-même ! On appelle communion cette union qui conjugue la différence au singulier. Et là nous sentons bien que si nous y tendons, nous ne faisons qu’effleurer cette alchimie merveilleuse,  même dans nos amours les plus denses, les plus fortes, les plus accomplies et pourtant toujours inachevées. C’est comme si nous avions quelque part à l’horizon de nos vies un absolu vers lequel nous marchons, comme s’il nous attirait vers lui, nous aspirait en lui.

Quel est le nom de cette perfection d’aimer ? Dieu, Dieu-Trinité, Dieu-Communion d’amour. Modèle pour nos amours ; modèle pour notre Eglise, communauté de communion, quand tous ne font plus qu’un mais que chacun reste lui-même !

 

Je vous le disais : tout est histoire de communion.

Acte deux : la Trinité. La suite, la semaine prochaine !

Troisième acte : Fête-Dieu

Tout est histoire de communion. Troisième épisode.

Résumé des épisodes précédents : Pentecôte nous a raconté la naissance de l’Eglise, une Eglise d’unité malgré les différences, à travers les différences. L’Eglise comme un peuple de communion. Trinité nous a fait contempler Dieu, mystère d’amour, une union qui conjugue la différence au singulier. Et ce mystère d’unité nous a été proposé comme modèle pour notre Eglise qui doit s’édifier comme une communauté de communion.

De cette unité, la fête d’aujourd’hui – Fête-Dieu, fête du Saint-Sacrement, fête du Corps et du Sang du Christ – donne le moyen. Car qui oserais se prétendre capable d’aimer comme Dieu, de vivre en unité comme le Père, le Fils et l’Esprit ? Et voici l’eucharistie : table d’unité, pain d’unité pour que nous grandissions en communion.

Table d’unité. Regardez : nous voici rassemblés comme une famille, comme autant de frères et sœurs que le Père réunit dans un même amour pour un même repas… L’eucharistie n’est pas un repas de solitaire mais un repas fraternel, communautaire et nous ne sommes rassemblés ni par hasard, ni par facilité ou opportunité. Nous sommes rassemblés parce que c’est le projet de Dieu de réunir l’humanité en un ! « Ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés » dira la prière tout à l’heure. Et ce n’est pas anodin que juste avant de nous approcher de la table nous prions en disant « Notre Père » Non pas mon Père à moi tout seul. Et juste après nous échangeons le geste de paix, comme une parabole d’une fraternité à construire. Un geste de communion déjà.

Table d’unité donc, pain d’unité plus encore. Un pain pour demeurer en Christ pour qu’il demeure en nous pour que nous soyons en communion avec le Père et avec nos frères. Un pain partagé : unique pain, le Christ, rompu pour la multitude. Il passe souvent inaperçu dans nos célébrations, hélas !, ce geste pourtant si décisif de la fraction du pain. Faut-il reprendre le texte de saint Paul si clair pour nous parler du pain unique fractionné pour que chacun ait sa part, pour que chacun ait part, et surtout pour que tous soient un ? (« Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » 1 Co 10,16-17) Si ça ce n’est pas de la communion, je n’y comprends plus rien !

L’eucharistie, un repas de communion de part et part, pour construire l’Eglise en unité fraternelle et annoncer le Royaume des réconciliés, rêve de Dieu pour notre humanité.

Tout est histoire de communion. Pentecôte, Trinité, Fête-Dieu nous l’ont racontée. Reste à le vivre.

Olivier W.